R&D


Rêveries & Détournements

Faire évoluer nos compétences passent aussi par la réflexion et la conception. Nous partageons avec vous les avancées de notre département R&D, Rêveries & Détournements.

Les chemins de traverse de Déambulons

A Lyon, à la Cordée, l’espace de coworking dans lequel je conçois mes formations, je croise souvent des indépendants aux parcours professionnels surprenants, zig-zagants, tarabiscotés, bref créatifs.

C’est le cas de Jean-Baptiste Dubois qui a fabriqué le cocon en bambou dans lequel je me vautre quand j’ai besoin de faire une pause.

JB coconC’est là que m’est venue l’envie de questionner son parcours et je n’ai pas été déçue du voyage. En cours de lancement, son entreprise Déambulons propose à la vente et à la location des structures en bambou pour aménager les espaces pros ou individuels. Depuis quelques mois Jean-Baptiste balade ses cocons sur les salons de créateurs et vante les mérites de cette matière naturelle qu’est le bambou.

Installé dans un atelier de menuiser de Lentilly, il bénéficie au quotidien des conseils avisés et de la synergie créée par les autres artisans du bois. Parce que lui, il n’a pas toujours été artisan. Loin de là.

Durant sa 3ème année d’étude en école de commerce, Jean-Baptiste part en Thaïlande et se découvre une passion pour l’Asie. Il repart ensuite pour le Vietnam, y passe 2 fois 6 mois et à son retour, décide de faire un master en culture d’Asie.

Il finit par repartir en Thaïlande avec une ONG. « L’idée était de construire une école de formation agricole dans la pampa. » Il rencontre l’ethnie Karen, un peuple de tradition nomade dont le quotidien tourne autour de la vie agricole et du tissage traditionnel. Auprès des Karens Jean-Baptiste apprend les rudiments de la taille de bambou et découvre comment fabriquer de très fines lamelles souples et solides.

 

bambou

De retour en France, il lui prend l’idée saugrenue de « faire un travail sérieux ». Il bosse plusieurs années dans le web marketing et la communication pour Darty et les Jardins de Gaïa. A 32 ans, il décide de prendre son indépendance et de monter sa boîte.

Pendant 6 mois il tente de lancer un 1er projet : un restau « comme chez Mamie », dont les chefs sont des grands-mères. Jean-Baptiste se forme là où il peut, fait la plonge, devient serveur, puis commis de cuisine.

« Pendant les 3 derniers mois, je badais vraiment sur le « projet Mamie ». La restauration c’est un sacerdoce. J’ai commencé à repenser aux bambous un soir au restau. J’avais fini la plonge, je rangeais et j’avais une sensation de bien-être. J’ai vraiment senti comme si j’étais en communion avec tout le monde, comme si j’étais dans le vrai. »

Jean-Baptiste repart en Ethiopie. Les voyages rythment les tournants de sa vie.

« J’ai toujours aimé l’archi et le design. J’ai fait 2 grosses maquettes. Je m’éclatais. J’avais de bons retours. J’ai eu l’impression de trouver ce pour quoi je suis bon et dans quoi je m’éclate. Je suis bon dans plein de choses, je peux m’en sortir partout. Mais j’avais envie d’être bon dans quelque chose. C’est aussi pour ça que je lâche plus. »

En passant, Jean-Baptiste retrouve le plaisir de gosse qu’il avait à construire et bricoler, du temps où il était scout. « Toute l’année je pensais aux constructions qu’on allait faire aux camps. J’ai repéré que les courbes que je dessinais avant se retrouve maintenant ».

deambulons

C’est un peu comme si les bouts de son parcours s’aimantaient et se rejoignaient pour créer un sens tout particulier à cette nouvelle orientation professionnelle. Comme s’il avait tissé au fil des ans, ses passions et ses talents, pour trouver ce que Sir Ken Robinson appelle « l’Élément ».

« Travailler en mode projet me correspond bien, ça va bien avec mon caractère. Il y a une partie créative, une plus manuelle et une autre marketing ».

Aujourd’hui Jean-Baptiste itinère entre son atelier, son bureau, le coworking, chez ses clients et les salons. Il fait grandir ses structures d’artisan. Et ses envies d’artiste. Des idées de Land Art. Naturellement.